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Entrée du Lycée Ibn Sina

C’est une histoire bien symbolique qui s’est déroulée à l’institut Ibn Sibna de Tanger ces derniers jours. Alors que le Maroc est profondément choqué par les lois islamophobes interdisant le port du voilà à l’école en Europe, et particulièrement en France, ne voilà t il pas qu’une élève aurait été interdite d’aller en cours parce qu’elle aurait porté le voile ? Et ceci, pas dans un institut français, comme cela avait été le cas au mépris de la loi, au lycée Descartes, mais dans une école marocaine !

Deux jeunes musulmanes portant des khimars
Des Khimars de couleur vive

Alors pour mettre les choses au clair, le voile n’est pas interdit dans les écoles marocaines, mais “certains voiles”, ceux qui sont, comme les qualifie la loi française “trop ostentatoires”.

Bien sûr, on ne dit pas les choses comme cela.

L’explication donnée aura été celle du respect de l’uniforme : le “voile” porté, qui était un khimar, mais qu’on ne nomme pas ainsi, couvrait non seulement la tête et le cou des jeunes filles, mais aussi les épaules et les bras. “Un voile long couvrant le buste et les bras“. Jolie circonvolution langagière pour ne pas appeler un chat par son nom.

C’est donc, non pas parce qu’il était voile, mais parce qu’il cachait le tablier, qui, selon le règlement de l’école, doit être apparent, que le vêtement trop couvrant a été refusé d’entrée en classe.

Il est exact que la plupart des établissements marocains imposent le port d’un tablier, généralement blanc. On le voit à la sortie des classes, où les élèves rentrent chez eux en portant ce tablier. Ou sur cette photo de classe d’un établissement de Casablanca :

Des élèves marocaines et leur professeur
Photo de classe dans un lycée de Casablanca

Le règlement intérieur précisait-il réellement que le voile ne devait pas recouvrir le tablier ? Le tablier doit être porté sur les vêtements….

Pourtant j’ai déjà vu, souvent, au cours de l’hiver, les élèves porter un manteau sur le tablier. Évidemment, il perd un peu de son intérêt, mais dans certaines villes, il fait suffisamment froid (et le chauffage n’existe pas dans les écoles) être nécessaire.

En même temps, un jilbeb ne protège pas du froid… et dans certaines classes, comme les travaux pratiques de chimie, ou l’éducation sportive, il est totalement inadapté.

Donc, en dehors de l’aspect “ostentatoire”, il y a de bonnes raisons pour interdire le port d’un tel voile.

Comme il y a, pour une jeune musulmane salafie (et les lycéennes en question se sont définies ainsi), de bonnes raisons de vouloir porter un voile large au dessus d’un tablier trop proche du corps pour leurs exigences religieuses. Il a donc fallu six jours pour discuter de ces bonnes raisons réciproques